
Un train de voyageurs est passé à vive allure peu avant midi le jeudi 16 juillet au passage à niveau du village de Fossoy (notre photo), là où se tenait la traditionnelle cérémonie à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites. Clin d’œil historique à cet autre train qui, le 19 juillet 1942, trois jours après la rafle du Vel-d’Hiv, a ralenti à ce même passage à niveau. A l’intérieur d’un des wagons de ce triste convoi, Maurice Zélis, 16 ans, griffonne et jette à l’extérieur un petit mot à l’attention de son jeune frère Jacques, miraculeusement rescapé de la rafle. Une courageuse habitante de Fossoy, Pauline Carron, récupère le billet, l’envoie par la Poste à son destinataire... et poursuit son existence en toute modestie.
Maurice Zélis, comme ses parents et comme beaucoup d’autres, ne reviendra pas du camp d’extermination nazi d’Auschwitz. Mais au passage à niveau de Fossoy a été érigée une stèle mémorielle. Chaque année s’y retrouvent les descendants des deux familles (les témoins de l’époque sont tous décédés), des officiels, quelques élus et de nombreux représentants d’associations. Ils étaient cette fois-ci, en dépit de la canicule, un peu plus de soixante personnes, porte-drapeaux compris, mais seulement une quarantaine un peu plus tard dans la salle municipale pour les allocutions. Belle occasion pourtant d’entendre, outre quelques témoignages émouvants, de nécessaires rappels historiques sur les lois racistes du régime de Vichy, ainsi que des prises de paroles fortes, entre autres sur l’horreur des génocides, sur une indispensable vigilance face au révisionnisme et sur l’importance du respect des valeurs de la République.



